Il n’y a pas de hasard, nous dit-on depuis quelques années. Sauf que la compréhension des faits, le pourquoi des événements n’est pas toujours évident. Comme par hasard donc, tant que je ne saurai pas le pourquoi des choses, depuis un an, certains citoyens et citoyennes essaient de sauver le presbytère de Notre-Dame-de-la-Paix. D’autres préfèreraient du neuf. Pour eux le vieux, c’est la misère, c’est du temps qu’ils en arrachaient. Du neuf c’est la prospérité, je ne sais trop, parce que moi je suis du côté de l’importance du patrimoine, des racines, de l’identité de ce qu’on laisse à nos enfants, même si je n’en ai pas. Comme par hasard la municipalité fêtera ses cent ans l’an prochain. Comme par hasard, c’est le lundi de la réunion du conseil avec un nouveau maire qui vient tout juste d’être élu. Dix-huit ans qu’on avait l’ancien qui a fait le saut en politique fédérale. Une réunion qui se tient dans une salle désuète que les assureurs ne veulent plus protéger paraît-il. Une salle tout à côté de l’église et du presbytère. Comme par hasard c’est ce soir qu’un comité provisoire pour la sauvegarde du presbytère devait demander une réunion pour qu’on en parle, pour qu’on regarde d’autres avenues. Comme par hasard c’est en fin de semaine que je suis allée me promener dans Brome-Missiquoi, une région des Cantons de l’est. Où j’ai vu le patrimoine sauvegardé, mis en valeur. Où j’ai vu la culture, l’architecture montrés, structurés. Où j’ai vu les Québécois anglophones fiers de leur histoire, de leurs paysages.
Comme par hasard l’église de Notre-Dame-de-la-Paix est en train de brûler. Justement ce soir, justement maintenant.
Il y a ceux qui sont là à courir pour sauver ce qui peut être sauver : les archives, les calices, les habits, les chandeliers. Il y a ceux qui se sentent solidaires, émus, en colère mais ensemble comme au temps des corvées, comme au temps où justement toute la communauté la construisait cette église. Il y a ceux qui arrosent partout. Il y a ceux qui regardent impuissants, en pensant que peut-être le presbytère va y passer. La salle aussi. On ne sait pas.
Moi, j’écris. C’est ce que j’ai encore faire le mieux. C’est ma contribution dans la communauté. L’église n’aura pas eu cent ans. Qu’est-ce qu’on peut sauver maintenant?